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Énergiser l’avenir de l’Afrique

Alpha Condé

Alpha Condé

Par Alpha Conde

Lorsque les chefs d’État et de gouvernement du G20 se réuniront plus tard cette année à Hambourg, les investissements dans l’avenir de l’Afrique seront l’un des points prioritaires à l’ordre du jour. Alors que l’Allemagne est à la tête de la présidence tournante du G20 pour un an, la chancelière allemande Angela Merkel s’est déjà engagée à encourager une « croissance durable et les emplois » sur le continent africain, en mettant l’accent sur « les investissements dans les infrastructures et les énergies renouvelables ».

Pour de nombreux Africains, l’approvisionnement énergétique est un problème de longue date. Alors que certaines parties du continent sont riches en ressources énergétiques, l’offre reste désespérément insuffisante pour la majorité des Africains. En fait, la Banque africaine de développement a calculé que 620 millions d’entre eux vivent sans électricité.

Maintenant que les économies avancées se sont déclarées prêtes à contribuer aux efforts pour mettre ce besoin humain fondamental à la disposition du plus grand nombre, il est peut-être temps de relever l’un des plus importants enjeux de développement – et de société – de l’Afrique.
Selon l’Agence internationale de l’Énergie, l’Afrique représente 13 pour cent de la population mondiale, mais seulement 4 pour cent de la demande énergétique mondiale. Si les Londoniens ou les New Yorkais peuvent se plaindre de la lenteur de leur connexion internet ou de l’insuffisance du réseau de leur téléphone portable, de nombreux habitants des métropoles, villes et villages africains éprouvent toujours des difficultés à avoir accès à l’électricité nécessaire pour éclairer leurs foyers et faire tourner leurs entreprises. Comme je l’ai relevé dans le cadre de la réunion du Forum économique mondial 2017, dans 36 pays africains, deux personnes sur cinq seulement ont accès à l’électricité pendant toute la journée. Dans certains pays, cette proportion tombe à moins de une sur dix.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant qu’autant de jeunes Africains pensent que leurs meilleures chances d’avenir sont d’émigrer vers l’Europe et ailleurs. Un accès fiable à l’électricité ne se limite à pas à faire fonctionner les écoles, les hôpitaux et les foyers. Il permet également aux jeunes d’acquérir des compétences, de trouver un emploi et de lancer leur propre entreprise – et aux entreprises existantes de rivaliser sur un pied d’égalité sur les marchés nationaux et internationaux. Parce que l’électricité est une composante fondamentale du développement économique, fournir un accès à un approvisionnement énergétique fiable, propre et abordable aux communautés et aux entreprises africaines sera ma priorité absolue pendant mon mandat d’un an à la présidence de l’Union africaine.

Ainsi que le laisse penser l’ordre du jour du G20 de cette année, les pays africains et occidentaux ont des motivations communes pour chercher à combler les carences du continent en matière de développement. L’Afrique ne peut pas se permettre de perdre des générations entières de jeunes talents partis en Allemagne, en France et en Italie, tandis que les pays européens ne peuvent se permettre de continuer à faire face aux afflux actuels de migrants. L’une des meilleures manières d’inverser ces tendances est d’établir une coopération entre les économies développées et en développement – et en particulier dans le secteur de l’énergie.

Les occasions de partenariat sont légion. Comme le note le rapport de février 2015 du cabinet de conseil McKinsey, l’Afrique a un extraordinaire potentiel énergétique non exploité, dont une énergie solaire estimée à 10 térawatts, 350 gigawatts d’énergie hydroélectrique, 110 gigawatts d’énergie éolienne et 15 gigawatts supplémentaires d’énergie géothermique. Alors qu’il était autrefois trop coûteux d’exploiter les vastes ressources d’énergie renouvelable de l’Afrique, la technologie fournit aujourd’hui des solutions qui ouvrent des perspectives et encouragent la création de nouvelles entreprises. Sous réserve d’investissements internationaux adéquats, l’Afrique sera en mesure d’exploiter et d’utiliser ces ressources.
La collaboration et les investissements internationaux sont essentiels pour que ces efforts portent leurs fruits. En Afrique de l’Ouest, le projet d’interconnexion des réseaux électriques, réalisé grâce à un partenariat international, permettra à la Côte d’Ivoire d’exporter de l’électricité au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. Ce sera la première d’une série d’initiatives mixtes privé-public visant à transformer la manière dont est distribuée l’électricité entre les pays africains.

Si nous nous y prenons bien, nous ne renforcerons pas seulement les capacités des économies africaines à créer des emplois et à offrir un avenir à nos jeunes. Nous ouvrirons également de nouvelles possibilités d’échanges commerciaux entre l’Afrique et l’Occident.
Ayant passé la dernière année à coordonner la politique énergétique de l’Union africaine, j’ai senti une impatience croissante de la part des gouvernements africains à ce sujet, un sentiment partagé par nombre de nos concitoyens. Fort heureusement, les dirigeants africains font preuve d’une nouvelle détermination à améliorer les perspectives d’avenir des nouvelles générations, en particulier en électrifiant nos économies.

Je n’ai jamais auparavant vu les dirigeants africains aussi décidés à surmonter les difficultés qui ont pendant si longtemps entravé le développement du continent. En nouant des partenariats avec des acteurs des secteurs privé et public, nous pouvons tracer une nouvelle voie, de prospérité pour l’Afrique et d’un avenir plus porteur de promesses pour nos jeunes. Si la détermination des dirigeants africains se conjugue à l’engagement du G20 à investir dans des projets communs d’infrastructures, l’avenir des peuples africains sera lumineux et ce, à plus d’un titre.

Son Excellence, Apha Conde est le Président de la République du Guinée

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