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`High 5s… et après ? La France investira 20 milliards d’euros sur cinq ans, pour soutenir l’Afrique

La Banque bouge ! Les High5 : La France partage ces ambitions de la BAD, dans les cinq domaines ciblés.  Et après… Passer à l’étape de mise en œuvre, qui, selon la France est cruciale. Une bonne nouvelle : «L’Agence française de développement (AFD) investira 20 milliards d’euros sur cinq ans pour soutenir l’Afrique… et l’engagement sera strictement tenu… C’est un engagement pris par le président Hollande!» souligne l’administrateur Abdenor Brahmi avant d’avancer : «Mon pays fait confiance en le président Adesina pour mener à bien les High 5s». Par ailleurs, dira-t-il, « Des opérateurs français très actifs en Afrique, travaillent également à drainer l’assistance technique ou les financements privés nécessaires. »

Mais, ne nous méprenons pas : «Les efforts de chaque pays africain comptent…  Entretien exclusif avec AnnualMeetings Daily, en marge des assises de Lusaka, du 23 au 27 mai 2016.

Abdenor Brahmi - French EDDepuis des décennies, le rôle de la France dans le développement du continent est  important. ¨Qu’est-ce qui motive cette tendance illimitée de la France à toujours être aux côtés de l’Afrique ?
C’est un poncif que de dire que la France est liée à l’Afrique par l’histoire et par l’économie… En réalité, derrière ces liens, il y a surtout des hommes et, entre ces hommes, une amitié sincère. Beaucoup de Français vivent en Afrique et beaucoup d’Africains vivent en France : cela forge inévitablement des liens forts de compréhension et de respect mutuels !

La France est un partenaire important pour l’Afrique et la BAD, à y voir l’importante ressource qu’elle consacre au continent. Comment qualifiez-vous les relations entre votre pays et l’institution ?
Soyons francs : au-delà des liens culturel et humain que j’évoquais à l’instant, il y a entre la France et l’Afrique une convergence d’intérêts économiques communs. Ainsi, les marchés africains sont-ils convoités par les sociétés du monde entier, y compris par les entreprises françaises. Mais, le développement de ces marchés bute sur une contrainte forte : celle du manque de financements. La France entend contribuer à la réduction de ce déficit à la faveur de la mise en place de divers outils apportant les « ressources » que vous évoquez dans votre question.

Laissez-moi citer trois de ces « outils » d’appui au développement des projets en Afrique. Le premier qui me vient à l’esprit, ce sont les prêts du Trésor, ex « Réserve Pays Emergents ». Ce dispositif administratif et financier géré en direct par la Direction générale du Trésor est aujourd’hui pleinement ouvert aux pays africains. Il a déjà été utilisé dans le passé pour financer de grands projets : le train à grande vitesse au Maroc, le métro du Caire, un barrage dans la région de Nairobi…  En 2014 et 2015, environ 2/3 de l’enveloppe a été consommée en Afrique, soit 350 millions d’euros sur les deux ans. COFACE est un deuxième outil important : les garanties fournies par COFACE sont essentielles pour viabiliser le financement de bon nombre de projets en Afrique. En 2013, ces garanties étaient de 6,8 milliards d’euros. En 2015 elles sont montées à 11,3 milliards d’euros. Enfin, l’Agence française de développement (AFD) investira 20 milliards d’euros sur cinq ans en Afrique, un effort colossal ! Cet engagement sera strictement tenu : c’est un engagement pris par le président Hollande en 2014 lors du Sommet de l’Elysée et réaffirmé en 2015 lors du Forum franco-africain pour une croissance partagée

Au-delà de ces outils que je qualifierais de « franco-français », il en existe d’autres, qui concourent au même objectif, celui du développement de l’Afrique, mais avec un cadre d’intervention diffèrent. La BAD constitue évidemment le premier de ces instruments : c’est l’institution financière de référence en Afrique… qui fait naturellement la fierté des Africains ! La part du capital de la BAD détenu par la France comme le niveau de contributions de la France au FAD témoignent, s’il le fallait encore, de la confiance que la France place en cette noble institution dans son objectif de préparer une Afrique de demain plus forte.

Les relations entre la BAD et la France n’ont jamais été aussi bonnes qu’aujourd’hui ! L’alignement des stratégies de la BAD et de la France a débouché, à l’automne dernier, sur un accord de cofinancement entre la BAD et l’AFD, le premier du genre prévoyant une délégation complète de tâches signé par la BAD avec une agence bilatérale de financement. Au risque de me répéter, cela montre une confiance réciproque forte. Par ailleurs, au cours de l’hiver, la France a pu apprécier l’implication de la BAD, sous la conduite de son nouveau président, Akinwumi Adesina, à la Conférence des Parties, la COP21 : la contribution de la BAD, financière mais aussi technique, a indiscutablement contribué à l’émergence de l’Accord de Paris. Enfin, les réformes entreprises depuis le printemps dernier au niveau de la BAD, qu’elles concernent l’organisation de la Banque ou les moyens d’accélérer la stratégie décennale – je fais là référence aux cinq priorités du président qu’on appelle en anglais les « High 5 » – participent de l’idée d’accélérer le développement en Afrique, une préoccupation que partage évidemment la France !

J’oubliais. Pour compléter la panoplie, laissez-moi ajouter que les chefs d’État français et africains ont décidé en 2013 de la création d’une fondation franco-africaine pour une croissance partagée, se fixant pour ambition de faciliter les relations économiques entre la France et le continent africain sur une base partenariale. Pleinement opérationnelle depuis 2015, Africa France a un rôle d’information sur l’Afrique, d’amélioration des offres de formation et de promotion des investissements.

La BAD s’évertue à éclairer un continent où 600 millions de personnes n’ont pas encore accès à l’électricité. Elle veut également en découdre avec la faim et veut augmenter le niveau de vie des africains à travers la création de 25 millions d’emplois pour les jeunes sur les dix prochaines années. Ces différents objectifs partent de l’Agriculture. Comment la France compte-t-elle accompagner la Banque dans ces objectifs ?
Vous faites là référence aux High5 du président, que j’évoquais plus tôt. La France partage les ambitions de la BAD, dans les cinq domaines ciblés. Deux canaux me viennent à l’esprit pour soutenir la Banque dans la réalisation de ces objectifs. Le premier est lié aux ressources financières. Je pense avoir lourdement insisté sur ce point dans la question précédente : la clef, ce sont les financements. Cette année est celle de la 14e  reconstitution du FAD ; la France prend toute sa part aux discussions et formule des propositions. Je vous rappelle aussi que cette année est aussi la première de la mise en œuvre de l’accord de cofinancements de la BAD avec l’AFD ; cela doit également permettre de contribuer à la matérialisation des High5. Le deuxième canal par lequel la France pourrait apporter un appui à la BAD est celui de l’expertise technique.

Cela fait huit mois que le Président Adesina a pris la direction de la BAD. D’aucuns disent que les contributions de la chaise française au Conseil d’administration sont très pertinentes. Il est tôt de faire un bilan. Mais, quelles sont vos appréciations des enjeux des projets prioritaires (H5) ? Des méthodes et de la gouvernance de la BAD sous la direction de M. Adesina?
Il est effectivement trop tôt pour dresser un bilan. Mais avec cette première année qui se clôt, force est de constater que la Banque bouge ! La baisse des résultats, liée pour une bonne partie à des facteurs totalement exogènes à l’institution, rendait impérieux une refonte de l’organisation : une banque affaiblie ne peut obtenir de résultats sur le terrain. Sous la conduite du président Adesina, la banque s’est enfin dotée d’une organisation nouvelle, plus proche du terrain et qui doit servir une vision du développement que la France partage, celle des High5. Il faut désormais passer à une nouvelle étape : celle de la mise en œuvre, que nous souhaitons efficace, transparente et équilibrée. Cette étape est cruciale. La France y est très vigilante mais a confiance en le président Adesina pour la mener à bien !

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